Portrait de femme : Comment j’en suis arrivée à la photographie

Aurélie Hummingbird photographie

Aurélie, 33 ans est une jeune femme épanouie, photographe nature et lifestyle en Côte d’Ivoire, maman de 2 petits garçons de 16 mois et 3 ans et demi. Elle a vécu un parcours très touchant et s’apprête à nous en dire un peu plus sur son histoire et sur la naissance d’Hummingbird photographie.

Perrine : Aurélie, tu as accepté de nous livrer un petit morceau de ta vie et nous t’en remercions. Hummingbird qu’est-ce que c’est ? A l’origine de ce nom, une petite fille, Milana dont tu dis être mamange. Acceptes-tu de nous en dire plus ?

Aurélie : Le 26 juillet 2013, j’ai accouché de mon premier bébé, une petite fille née sans vie des suites d’une circulaire du cordon. Nous l’avons prénommée Milana qui signifie « aimée du peuple ». Perdre un enfant est la pire épreuve qui soit et transforme un être. A l’époque, j’étais propriétaire d’une boutique en ligne que je ne parvenais pas à faire décoller faute de temps et de moyens et j’avais quelque peu perdu la motivation. Le décès de ma fille m’a donné l’impulsion pour un changement de vie. Rien de transcendant mais j’ai mis fin à cette entreprise qui ne m’apportait plus satisfaction pour entreprendre une formation dans un domaine qui me plaisait (l’assistanat commercial) et j’ai fait part à mon conjoint de mon désir de m’équiper en matériel photo pour enfin assouvir ma passion de l’image. En effet, je n’avais rien de plus à l’époque qu’un smartphone. Pour mon trentième anniversaire en novembre 2014, alors que mon fils aîné, mon bébé espoir, n’avait pas 2 mois, j’ai reçu le matériel tant espéré: un boîtier Nikon et deux objectifs. Il m’aura fallu attendre encore deux ans et demi avant de me décider à partager mon travail via une page Facebook. J’ai eu le déclic en prenant une photo « imprévue » d’un martin-chasseur du Sénégal posé juste devant ma fenêtre. Mon nom d’artiste, j’y avais déjà longuement réfléchi: il devait être un clin d’œil à Milana, elle qui me donne le courage d’écouter ce que me dicte mon cœur. J’ai toujours comparé Milana à un colibri, tant pour sa beauté que pour sa fugacité. C’est d’ailleurs l’oiseau que j’ai choisi pour la représenter sur mon prochain tatouage. Par ailleurs, le colibri sied bien à l’idée que je me fais de la photographie: capturer la beauté et la magie d’un instant. Alors le nom d’Hummingbird photographie m’est apparu comme évident…

Photo oiseau Hummingbird photographie

Perrine : La photographie en amateur, tu considères en avoir fait depuis combien de temps et quelles étaient tes premières inspirations ?

Aurélie : Eh bien… je me souviens avoir cramé la pellicule entière d’un Kodak jetable avec un défilé de Barbie lol… Je dirais que je devais avoir 8 ans. Donc j’ai toujours aimé la photo et ai toujours été soucieuse de soigner mes prises de vues. Mais ce n’est que depuis novembre 2014 que je suis correctement équipée. Plus jeune, je prenais beaucoup de paysages. Je crois que c’est la nature qui m’inspire le plus. Je ne suis pas une fille de la campagne pour rien. 🙂 J’aime particulièrement les photos en extérieur et suis moins fan des séances en studio que je peux voir chez mes collègues amateurs et professionnels même si certains font un travail magnifique.

Perrine : Tu es née en France. Te voici pourtant à présent en Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui t’a mené jusque là-bas ?

Aurélie : L’amour 🙂 Mon conjoint est militaire et a été muté en Mission de Longue Durée là-bas. Nous y sommes depuis l’été 2016 (j’y ai accouché de mon deuxième fils) et pour encore 1 an et demi à 2 ans et demi.

Perrine : Quelle formation as-tu suivi dans la photographie ?

Aurélie : Aucune! Je suis autodidacte et ai encore beaucoup à apprendre, je le sais. A vrai dire, j’ai eu relativement peu de temps à consacrer à la photo depuis notre arrivée en Côte d’Ivoire entre la fin de ma grossesse et la naissance de mon deuxième fils qui m’accapare beaucoup. Il a eu de nombreux soucis de santé et est toujours allaité. Mais bientôt il ira en crèche 3 matins par semaine, son frère allant à l’école, cela me permettra de me mettre beaucoup plus sérieusement à la photo et de me perfectionner. Pourquoi pas suivre une formation à distance. En attendant, j’aime lire les articles de Nicolas Croce dont j’aime beaucoup le travail et qui est, je trouve, très pédagogue.

Reflets Côte d'Ivoire Hummingbird photography

Perrine : Pratiques-tu une autre activité en parallèle, qui pourrait d’ailleurs peut-être compléter la photographie ? Je pense par exemple à une activité artistique. Tu as fait du chant pendant un certain nombre d’années et tu aimes l’art.

Aurélie : Oui… Ça fait plus de 15 ans qu’on se connaît toi et moi et à l’époque, j’étais à fond dans la musique 🙂 En fait, mon premier amour à été l’écriture. Dès que j’ai appris à écrire, j’ai commencé à rédiger des poèmes et petites histoires. Puis j’ai découvert l’Anglais à 11 ans et ai commencé à écrire des chansons en Anglais sur des mélodies qui existaient déjà. Car j’ai aussi toujours été passionnée de musique et en particulier de chant. Un héritage de mon papa qui était guitariste et chanteur amateur. A l’école primaire, je me donnais souvent en spectacle, tant en chant qu’en danse (pratique que j’adorais également). Puis j’ai pris des cours de chant lyrique de 14 à 22 ans. J’ai rencontré un pianiste et compositeur à l’âge de 17 ans. Nous sommes restés en couple durant 8 ans et nous avons fait beaucoup de compositions ensemble, quelques scènes et concours. Quand nous nous sommes séparés, j’ai cessé tout ça faute de compositeur et à vrai dire j’en avais un peu ma claque. Aujourd’hui, je ne chante plus que pour mes fils et notamment « Summertime » que je chante tous les soirs à mon cadet avant de le coucher 🙂 Bref, j’ai toujours eu une âme d’artiste oui. Mais la photo est à présent ma priorité. J’aime le graphisme aussi. Par contre, je suis nulle en dessin sauf si j’ai un modèle. Je suis juste une bonne faussaire!

Perrine : Tes derniers clichés révèlent de superbes portraits de population Ivoirienne. Comment se passe ce type de prises de vues ? Connais-tu les sujets que tu prends en photo ? Et si non, comment appréhendes-tu leur rencontre ?

Aurélie : Mon conjoint à une dizaine de PCRL (Personnel Civil à Recrutement Local) sous sa coupe avec lesquels il est très exigeant mais dont il est aussi très proche. Un jour, il a demandé à l’un d’eux, Evrard, de nous « présenter son monde » pour que je puisse prendre des photos de la Côte d’Ivoire telle qu’elle est vraiment. Ainsi, nous avons passé un formidable samedi avec Evrard, son frère, leurs familles et amis, entre la maison laissée à l’abandon d’Alpha Blondy, le village traditionnel de Moïse (un amour cet homme!) et Jean-Claude, là où j’ai photographié ma petite bassamoise à la « culotte de coquillages » et ma préparatrice d’attiéké entre autres, le repas arrosé de bissap chez Evrard et la soirée chez son frère qui officie dans la gendarmerie ivoirienne. Bref, une journée riche en rencontres et en photos. J’aimerais photographier la population dans la rue (les balayeuses, vendeuses d’eau, vendeurs ambulants de thé et café…) et au marché d’ici notre départ mais je vais avoir besoin de mon homme pour ça. Je ne dirais pas que je suis timide mais réservée et je ne vais pas facilement au devant des gens comme lui sait si bien le faire. Mon homme, c’est un peu mon manager 😀

portrait petite fille Hummingbird photographie

Perrine : Aurélie, je te laisse le mot de la fin et je te remercie infiniment pour ton intervention.

Aurélie : Merci à toi de t’intéresser à mon travail et de le mettre en lumière. J’invite toutes les personnes qui me liront à venir voir ce que je fais, liker et commenter. Plus il y aura d’interaction sur ma page et plus mes photos seront visionnées.

Découvrez ici Hummingbird photographie.

Hummingbird photographie paysage coucher de soleil

About Author

Related posts

Leave a Comment